Le Bisphénol A a été etudié dans les années 1930 comme oestrogène de synthèse mais évincé au profit du diéthylstilbestrol, le DES de sinistre mémoire qui a été donné aux femmes enceintes en prévention des fausses couches. Le DES est interdit en France depuis 1973 en raison des anomalies génitales découvertes chez les enfants dont les mères ont été traitées au DES: troubles de la puberté, cancers du vagin, cryptorchidie, diminution de la qualité du sperme….
Le bisphénol A est utilisé dans l'industrie comme monomère pour la polymérisation des polycarbonates et de résines époxy. Il est également utilisé comme antioxydant dans les plastifiants et le PVC
Les polycarbonates sont très largement utilisés dans des produits de consommation courante vaisselle, récipients destinés au four à micro-ondes, boîtes de conservation, CD, bouteilles d’eau, Les résines contenant du bisphénol A sont très utilisées comme revêtement intérieur des cannettes et des boîtes de conserve ainsi que les couvercles métalliques des pots et bouteilles en verre, des boîtes de conserves. Enfin, le BPA se retrouve par ailleurs dans la composition de certains biberons,
Le BPA peut migrer en petites quantités dans les boissons et les aliments sous l’effet de la chaleur (eau bouillante), de l’acidité ou du contact avec des graisses, et ainsi être assimilé par l’organisme humain. Or, imitant l’hormone sexuelle féminine, l’œstrogène, le BPA est un perturbateur endocrinien potentiel. Ces possibles effets sur la fertilité et le système hormonal alimentent aujourd’hui de nombreux débats scientifiques.
Et si la santé des consommateurs en est l’enjeu déterminant, un nouvel élan est suscité par le degré de dangerosité de l’exposition des nourrissons exposés à cette substance.
En effet, en janvier 2007, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) fixait la dose journalière admissible (DJA) à 0,05 milligramme/kg de poids corporel. Mais nombreux sont ceux qui aujourd’hui remettent en cause la validité de cet avis, tout particulièrement dans le cas des nouveaux nés plus vulnérables de par leur masse corporelle réduite.
En réponse à ces incertitudes persistantes, l’EFSA a publié en juillet dernier un nouveau communiqué dans lequel elle confirme la faible nocuité de l’exposition au bisphénol des consommateurs, elle met l’accent sur la capacité de l’organisme humain à métaboliser et à évacuer rapidement le bisphénol y compris chez les nourrissons.
Pourtant, tout le monde ne partage pas ce point de vue. En avril dernier, le Programme de toxicologie national des Etats-Unis (US National Toxicology Program) appelait ainsi à faire preuve de vigilance quant aux conséquences des taux d’exposition actuels au BPA sur le système nerveux et le comportement tant des fœtus que des nourrissons et des enfants. Une prudence partagée par le gouvernement canadien dont une évaluation préliminaire a reconnu le bisphénol A comme étant une substance toxique au regard des critères définis par la Loi canadienne sur la protection de l’environnement de 1999. A la lumière des réserves émises par le ministère de la Santé (Santé Canada), notamment concernant les tout-petits, les instances gouvernementales ont fait part de leur souhait d’interdire l’importation, la vente et la promotion de biberons contenant du bisphénol A dans le cas où aucune nouvelle information ne serait apportée par les consultations publiques qui se déroulent actuellement sur cette thématique.
Lui reprochant pour sa part d’ignorer les études scientifiques réalisées sur des cellules en culture dont elle est l’auteur, l’association Antidote Europe accuse l’EFSA de minimiser les risques réels. En effet, selon l’association, les recherches entreprises par ses équipes de chercheurs auraient révélé « des activités cancérigènes et de perturbateur endocrinien ».
Le débat autour du bisphénol A est donc loin d’être clos, la législation européenne REACH pourrait relancer la polémique, en obligeant les industriels à démontrer l’innocuité de toute substance jugée suspecte.. Le 15 août 2008, laFood & Drug Administration aux Etats-Unis a déclaré cette molécule "non dangereuse pour les adultes et les enfants.!
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D'après Univers nature
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